COMPTE RENDU DE LA REUNION PUBLIQUE DU  COLLECTIF 

  20 AVRIL 2017    DOMANCY

L’assemblée était nombreuse avec en particulier de nouvelles personnes qui avaient vu les panneaux lumineux d’information de Domancy

Monsieur le Maire de Domancy a mis gratuitement la salle à notre disposition.

Après un bref historique du collectif et sur sa situation actuelle, sur ses modes de communication (blog, mails)  nous avons abordé les différents sujets à l’ordre du jour

Maison bleue

Exposé d’une éducatrice de la Maison bleue  et d’une chef de service du centre de formation, deux établissements, qui font partie de l’association Championnet

La Maison bleue s’occupe de l’hébergement et de l’accompagnement de 8 jeunes mineurs isolés qui relèvent de la Protection de l’enfance

Les premiers sont arrivés en Juillet 2016 et les autres en septembre

Leur possibilité d’hébergement s’arrête à 18 ans et plusieurs approchent de cet âge (2 en décembre 2017)

Ils sont accompagnés sur le plan administratif, sont aidés pour la création de leur projet d’avenir afin d’avoir plus de chances d’obtenir une carte de séjour

Ils sont tous scolarisés avec des bons résultats malgré leur histoire  et certains sont en formation qualifiante

Ils travaillent l’autonomie dans des appartements, l’apprentissage des codes sociaux

La signature de contrats d’apprentissage pour certains va leur permettre d’avoir aussi plus facilement une carte de séjour

Par ailleurs des membres du collectif qui s’étaient inscrits sur le tableau de propositions d’aides ont tissé des liens avec ces jeunes, en les accueillant pour des repas, pour des activités extérieures

Un membre du collectif signale qu’il voudrait arriver à plus de régularité dans la prise en charge des jeunes en particulier pour le soutien scolaire

L’activité d’aide pour le Français langue étrangère initiée par le collectif fonctionne mais va devoir se développer en particulier pour favoriser l’accès aux démarches administratives

Des membres du collectif participent à l’élaboration des « récits de vie » pour certains jeunes

Questions posées

  • Une personne propose que le collectif puisse fournir une liste des documents et des démarches à faire pour favoriser  l’action des hébergeants dans l’accompagnement des jeunes dans leurs démarches. Le collectif va l’élaborer.  Mais d’emblée on peut dire qu’ il existe deux sites à consulter

–  celui de la FOL

– celui de France Terre d’Asile

– Autre question: sur les aides financières dont les jeunes peuvent bénéficier. La réponse est qu’il est très difficile d’obtenir cette allocation mais que certains ont pu l’obtenir, elle est limitée dans le temps, et va au maximum jusqu’à la fin de la formation

– Remarque de Jacqueline qui intervient en soutien scolaire dans le cadre du CTMB . Elle  fait part aussi des difficultés liées à la fréquentation irrégulière par les jeunes. Mais certains sont très volontaires, viennent de Cluses . La plupart témoignent d’une inquiétude sur leur avenir . Elle souhaite que les écoles puissent faire des efforts pour adapter leurs cursus

Situation à Chamonix

Une première famille est arrivée, d’origine Irakienne composée de deux parents et de deux enfants de 9 et 3 ans

Les problèmes matériels sont bien maitrisés, en grande partie grâce à des dons, certains à la suite de l’appel lancé sur le blog du collectif. Les enfants progressent très vite en français, sont scolarisés. Les parents suivent un apprentissage de la langue à la MJC. Tous les membres de cette famille ont le statut de réfugiés . Ils ont comme subside le RSA et paient un petit loyer

Une autre famille doit arriver fin mai quand les travaux du presbytère de Chamonix seront terminés . Elle est composée de deux parents et de trois enfants. Ils arrivent du SAS de Beyrouth

Une réunion est prévue sur Chamonix entre les bénévoles et ces deux familles pour faire  connaissance

Elisabeth qui accompagne dès le début cette première famille insiste sur l’importance des contacts sociaux pour ces familles et lance un appel aux membres pour échanger et organiser ces contacts. Le Collectif va reprendre la liste des personnes qui avaient proposé un accompagnement social et leur faire part de ce besoin sur Chamonix

Tibétains à Sallanches

Le collectif  a été tenu au courant de la présence de 5 tibétains sur Sallanches, qui ont un emploi mais qui ne parlent pas français. Le collectif va relayer par le blog la demande d’apprentissage du français

Accueil de jeunes dans des familles sur Sallanches

Deux jeunes sont hébergés suite à des initiatives personnelles de familles de Sallanches et une autre jeune est hébergée suite à des contacts créés par le collectif

Témoignage de Daniel et Véronique

Ils expliquent leur motivation et les raisons qui ont fait qu’ils ont osé se lancer. Ils ont proposé un mois d’hébergement, ont été très heureux de la rencontre avec Raissa et pensent avoir réussi à agir comme ils l’avaient fait avec leurs enfants pour l’organisation de la vie au quotidien

Témoignage d’Hélène

parle de l’accueil de Jason que Jacques et elle ont hébergé à la demande d’un éducateur du DAMIER en alternance avec Claudine  . Ils se sont engagés jusqu’à fin juin date à laquelle il aura passé son CAP. Depuis Janvier Josée et Alain  ont  pris le relais de Claudine pour faire les accueils les week end. Jason est en formation professionnelle bâtiment.

Témoignage de Josée qui a fourni un texte car elle ne pouvait être présente. Elle parle de la facilité avec laquelle les choses se déroulent et précise qu’ils sont d’accord de continuer l’accueil mais en alternance avec une autre famille. Ils lancent donc un appel pour prendre le relais à partir de début juillet. Hélène dit qu’il est important de donner une échéance et qu’ il faut être plusieurs à l’héberger

Fernand précise qu’à ce sujet nous sommes en train de rechercher auprès d’organismes par exemple « Welcome » pour favoriser ces relais

Témoignage de Geneviève

Geneviève explique qu’au départ elle a souhaité faire un essai. Tout se passe bien. Elle a décidé de faire comme si c’était sa fille mais il est important pour elle que sa vie personnelle ne soit pas chamboulée, que les seuls petits problèmes sont des différences de rythme et de type d’alimentation. Raissa fait les courses communes et Geneviève lui fait entièrement confiance

Elisabeth pose la question du coût. Le collectif doit s’en préoccuper

Geneviève dit qu’elle  a clairement expliqué que les sommes d’argent fournies à Raissa, en plus de la nourriture du quotidien, sont des prêts que Raissa lui rendra avec ses premiers salaires

Le collectif prévoit d’ organiser une réunion avec tous les services sociaux de Sallanches susceptibles d’intervenir auprès de ces jeunes migrants pour savoir comment tout se coordonne.

Fernand fait remarquer qu’à Sallanches il y a un centre d’hébergement et de stabilisation qui aurait vocation à accueillir les jeunes mais un des critères pour en bénéficier est d’avoir un contrat de travail, ce qui semble contraire à la réglementation applicable à ce type de structure

Samuel Athanase, chef de service,  dit que dans son institution les professionnels pourraient avoir des entretiens avec les hébergeants pour les aider à gérer les relations et à garder la bonne distance

Témoignage d’Anne Marie et Jean Louis.

Ils accueillent Salike depuis le mois d’octobre à la demande d’une amie  Saliké a eu 18 ans en septembre , il est malien, en deuxième année au Championnet. Il devrait avoir l’équivalent du CAP cuisine. Il y avait urgence au moment de la demande. Il s’agit d’un accueil complet au quotidien.  La confiance est donnée avec disposition de la clef

La difficulté a été de ne pas avoir de limite de temps au moment où Saliké est arrivé à leur domicile. Pour l’instant il n’y a pas de réponse à la demande d’appartement social et leur engagement va jusqu’à l’été 2017 . Depuis que Saliké a compris ceci il s’est senti plus sécurisé

Anne Marie fait part de la difficulté pour ces jeunes du passage de vie en communauté quand ils sont mineurs, à une vie familiale avec parfois plus de contraintes quand ils passent les 18 ans. Saliké souhaite pour le futur un hébergement en foyer de jeunes travailleurs . Il a une carte de séjour depuis le mois de Novembre. Il peut travailler et fait des extras dès qu’il peut. Il est autonome sur le plan financier. Il n’a pas l’allocation mais il ne l’a pas demandée.

S Athanase dit que le conseil départemental a décidé de verser une allocation aux personnes qui terminent leur formation dans les mois qui suivent

Anne Marie fait remarquer qu’il  faudrait des familles relais pour proposer aux jeunes des activités en particulier les week ends, sur le même mode que ce que le collectif propose pour les jeunes de la Maison bleue. Ceci pour décharger un peu les familles des hébergeants le week end en particulier. Elle pense qu’il serait intéressant que les hébergeants puissent échanger régulièrement et compte sur le collectif pour organiser ces rencontres

Questions sur la responsabilité civile : Samuel ATHANASE dit qu’ils peuvent prendre des assurances tant qu’ils sont mineurs et donc la FOL pourrait payer pour l’année qui suit

Fernand présente deux situations de jeunes

– un jeune né en janvier 99, formation cuisine , kosovar, hébergé sur Annemasse, refus d’allocation jeune majeur car il n’a pas de famille en France et pas d’hébergement, parle bien le français , a un passeport et une carte d’identité nationale, n’a pas encore de titre de séjour, (mais il faut environ 8 mois après la majorité pour obtenir la réponse)  Il n’a plus d’hébergement à partir du 12 Mai

  • un jeune congolais qui aura une fin de prise en charge au 3 mai. ll est hébergé au Damier à Marnaz. il est en formation au CTMB de maintenance en bâtiment, il est très brillant sur le plan scolaire. Promesse d’embauche en CDI dès qu’il aura son diplôme

Une personne de RESF voulait nous parler du parrainage mais nous en avons déjà parlé lors de la réunion de Chamonix et des infos sont sur le blog

Spectacle au lycée de Cluses 

Le lycée Charles Poncet de Cluses a organisé un spectacle et la recette va être donnée au Collectif mais pour l’instant  étant donné que le collectif n’a pas de statut qui permet de recevoir de l’argent, le collectif va passer par l’association COMITE DE DEFENSE DU DROIT D ASILE pour gérer ces sommes et permettre aux donateurs privés de bénéficier d’une déduction fiscale

Pour l’avenir du collectif, Fernand  ré-explique comment a été créé ce bureau mais il est bien sûr ouvert à la participation de nouveaux membres

Témoignages de Annick et Catherine sur les récits de vie, sur les difficultés à aider les jeunes à se livrer et à parler de leurs expériences difficiles

Jacques cite les centres PRIMO LEVI que nous pourrions contacter  pour l’aide à l’écoute

Le collectif va essayer de faire des réunions régulières pour suivre l’évolution des différentes situations de migrants et des solutions que nous tentons d’apporter mais la plus grosse difficulté est de trouver des salles

L’association Soroptimist qui n’a pas pu assister à la réunion nous avait fait part de son désir de participer à l’aide de l’accueil des jeunes et va faire des propositions prochainement.

Le blog comportera régulièrement des informations sur tous ces éléments