COMPTE RENDU DE LA REUNION DU 16 JANVIER 2018 A DOMANCY

Voici le compte rendu de la réunion de notre association ARVE REFUGIES qui a eu lieu à la Tour Carrée de Domancy, salle mise à notre disposition par la commune de Domancy.

Nous étions nombreux (72 personnes) et vous avez aussi été nombreux à nous signaler que vous n’étiez pas disponibles pour venir à cette réunion mais à souhaiter être tenus au courant.

La séance a été ouverte par notre Président Fernand GANNAZ qui a fait une présentation de l’association pour les nouveaux.

Point sur les adhésions et la situation financière :

– 136 adhérents

20 communes représentées

Budget pour l’année 2018 de 10 000 euros avec actuellement un crédit de 1900 euros

550 euros sont versés chaque mois en loyers pour héberger les jeunes devenus majeurs

Actions principales menées:

Familles hébergées à Chamonix dans le cadre de la communauté de communes:

une famille vient du Kurdistan Irakien, bien intégrée car au départ elle avait séjourné à Troyes et la petite fille avait été scolarisée et donc parlait français en arrivant à Chamonix. Le père a trouvé du travail dans l’hôtellerie et la mère dans des services municipaux. Les enfants vont bien.

une famille Syrienne avec laquelle il y a plus de problèmes de langue mais les progrès en français sont bons. Une aide au devoir a été mise en place à la MJC par des membres de notre association.

L’association essaie de coordonner les actions avec celles entreprises par le CCAS.

Apprentissage du Français sur Marnaz

Une professionnelle présente dans l’assemblée nous fait part de son action dans les ateliers socio linguistiques de la vallée, et les membres du CADA de Marnaz sont donc concernés.

Des animations sont proposées au CADA de Marnaz par des membres de l’association sous forme d’initiations artistiques. Ceci débouche aussi sur l’apprentissage du français. Il y a un public irrégulier. Nous allons étudier la possibilité d’exposer les oeuvres réalisées, peut être les imprimer sur cartes postales voire réaliser un livre avec des textes sur les parcours des personnes concernées

Un membre de l’association dit qu’il propose des balades aux migrants et ceci est l’occasion de parler et d’expliquer la vie locale.

Un animateur du CADA explique que son rôle est aussi d’accompagner sur le plan administratif. Il a rencontré plusieurs membres de notre association et nous remercie.

Une membre du bureau demande à l’animateur de nous aider à mieux nous coordonner avec lui mais il dit qu’il ne doit pas y avoir trop de frontières entre nos actions

Les membres du CADA vont pouvoir visiter le musée du décolletage, accompagnés par l’association, et des visites d’usines de décolletage seront organisées car il y a une demande importante de main d’oeuvre.

Français langue étrangère à Sallanches

les cours sont en route pour des tibétains et un népalais. La fréquence a été réduite à une fois par semaine du fait du peu de temps disponible pour les élèves qui travaillent dans la restauration.

Les locaux sont mis à disposition par la paroisse de Sallanches.

Maison bleue

Il est rappelé que nous accompagnons des jeunes migrants qui sont pris en charge par ce centre où il y a normalement des jeunes accueillis à la suite de problèmes familiaux. Les jeunes migrants sont logés dans des appartements indépendants. Notre association essaie de leur faire découvrir notre société, sur le plan de la culture, des coutumes, des lois, du fonctionnement de notre société. Par ailleurs un soutien scolaire a été mis en place l’an dernier qui est maintenant devenu plus régulier. Ils ont une grande demande de relations avec des familles pour les sorties, les loisirs, la participation à des repas familiaux.

Deux des jeunes ont quitté la maison bleue et sont hébergés dans un appartement loué par l’association et ont été remplacés par deux autres jeunes au Championnet

Un membre du bureau expose le cas d’un jeune qui avait été pris en charge par des membres de notre association puis par la Maison Bleue. Alors que tout était en route pour assurer son adaptation à la vie locale (hébergement, scolarisation au collège après des tests scolaires, intégration dans un club de foot, relations fréquentes avec trois familles), la Protection de l’enfance de la Haute Savoie a imposé son transfert sur les Bouches du Rhône avec comme argument: “c’est le département où il a été recensé la première fois en France”. Il avait cependant passé 2 mois à dormir dehors sur Marseille et n’avait jamais pu obtenir d’hébergement, tous les lieux étant saturés.

Le Président nous  parle d’un collectif  des éducateurs qui est né et qui fait part des difficultés de travail actuel concernant l’accueil de ces jeunes migrants.

Il rappelle que nous avons pris contact avec tous les centres de notre zone d’action de manière à anticiper la sortie de ces jeunes mais les retours d’informations sont très rares.

Le bureau a décidé de prendre en charge des locations d’appartements:

un studio héberge deux jeunes, il est mis à notre disposition pour un tarif avantageux, sur Sallanches

un autre logement est mis aussi à la disposition sur Domancy pour un tarif réduit

Nous aurons rapidement besoin d’autres logements et il faut que nous diffusions cette information.

Assistance administrative:

Une membre de l’association dit qu’elle héberge un jeune qui a 18 ans, il venait de Marnaz. Il est au CTMB pour faire un CAP de maçonnerie. Elle rappelle que quand ils n’ont pas leur titre de séjour ils ne peuvent pas aller en apprentissage. Elle a écrit à la préfecture qui a refusé de donner des renseignements par téléphone. Elle a accompagné ce jeune à la préfecture à 13H30 mais on a refusé de de les prendre car seules 5 personnes ont pu être reçues ce jour là. Normalement ce jeune devrait avoir un titre de séjour entre 18 et 19 ans et pour l’instant il n’a aucune réponse.

Le président nous rappelle que les mineurs ne font pas de dossier OFPRA (pour obtenir le statut de réfugiés) et beaucoup de jeunes n’ont pas de dossier bien préparé pour les 18 ans. C’est une direction dans laquelle doit travailler notre association.

Pour les jeunes en apprentissage avant leur majorité, l’autorisation provisoire de travail obtenue avant 18 ans devient caduque à la majorité et la nouvelle demande et la réponse de DIRRECTE peut prendre plusieurs mois.

Il existe des situations où des employeurs ont déjà versé la somme nécessaire pour le contrat de travail et pour lesquelles la DIRRECTE n’avait pas encore ouvert le courrier au bout de 2 mois. La décision d’accorder une autorisation de travail dépend beaucoup des tensions observées sur le marché de l’emploi dans les différents secteurs d’activité.

Il semble qu’actuellement la DIRRECTE soit dépassée par les demandes d’autorisation de travail pour les personnes étrangères et l’effectif est très réduit dans ce domaine en Haute Savoie pour étudier ces dossiers.

Une responsable du CTMB parle de l’accueil de jeunes au sein d’une filière spéciale “contrats jeunes” pour permettre une rémunération; 5 jeunes dont 4 migrants en bénéficient. Ils espèrent pouvoir reconduire celà l’an prochain mais si la DIRRECTE ne donne pas d’autorisation, ils ne pourront pas être embauchés par les entreprises. 3 jeunes du foyer de Marnaz sont pris en charge, certains sont pris en 3ème prépa pro afin de pouvoir être engagés. Elle rappelle combien ce sont des élèves assidus.

Une autre membre du bureau qui a accompagné un jeune de la Maison Bleue, qui est maintenant majeur a reçu un papier de la part de l’ambassade du Congo à Paris qui parle « d’incohérence d’information » car il n’avait pas été déclaré à sa naissance. Un autre membre de l’association explique que c’est une pratique assez courante de la part de certaines ambassades pour permettre aux demandeurs d’asile de ne pas pouvoir être renvoyés dans leur pays d’origine en l’absence de preuve de nationalité. Ce courrier ne devrait pas remettre en cause la demande de régularisation déposée auparavant.

Une membre de l’assemblée précise que sa soeur peut accompagner et héberger les jeunes lors de leur montée à Paris pour obtenir ces documents.

Famille Kosovarde de Cluses :

La famille est là depuis 7 ans, deux enfants sont scolarisés, un est né à Cluses. Toutes les demandes qui ont été faites ont été refusées car l’état français car « venant d’un pays qui ne présente pas de menace »*.

*Il y a une hiérarchie des pays qui sont considérés par l’administration comme présentant ou non des risques pour certains de leur ressortissants. Le Kosovo ne fait plus partie des pays officiellement considérés comme présentant une menace. Mais en pratique, même si la guerre a pris fin il y a 20 ans au Kosovo, c’est une guerre qui a créé des déchirures à l’intérieur des familles et des villages avec parfois des menaces de mort entre communautés Serbes et Albanaises.

Le dernier recours a été présenté auprès de la cour administrative d’appel de Lyon. Il est demandé à cette famille une déclaration de revenus alors qu’ils n’ont pas d’autorisation de travail.

Le sénateur est intervenu et a écrit au préfet. A deux reprises, le député Roseren est également intervenu auprès du préfet ainsi qu’une élue de Cluses. Notre président  a écrit au nom de l’association. Nous n’avons pas obtenu de réponse à ce jour.

Il y a eu une initiative intersyndicale concernant l’accueil des migrants. Mais c’est le grand silence de la part des services de l’état. La semaine dernière JM LE CLEZIO a dit que “le tri est un délit d’humanité.”

Rencontre avec le député : un compte rendu détaillé sera mis en ligne sur notre site

Le député s’est engagé à revenir vers l’association pour établir un dialogue au sujet du projet de loi quand il sera passé en conseil des ministres.

Une personne de l’assemblée  demande s’ils ont demandé au député des changements des statuts ou des relations entre les administrations. ll lui est répondu que pour l’instant personne n’a encore vu le texte du projet de loi. Mais apparemment un article aurait été retiré: l’élément concernant les « pays tiers sûrs. »

Une membre du bureau propose de faire des fiches relatant les difficultés que nous rencontrons en particulier pour les démarches administratives pour pouvoir présenter concrètement aux élus des cas concrets.

Sensibilisation à l’accueil des migrants:

Un exposé est fait sur le Festival solidarité qui a eu lieu à Passy.

Le président dit qu’à la suite du festival il a participé à une réunion avec 130  lycéens.

Recherche de subventions:

Le Président rappelle que sur le plan financier nous avons besoin d’avoir des dons et donc il nous faut avoir l’agrément pour l’exonération fiscale. Au plus tard nous aurons la réponse en juin de la part des impôts.

Pour les subventions il nous faudrait des relais auprès des élus afin de leur  porter personnellement les demandes de subventions dans les différentes communes.

La mairie de Combloux nous propose de mettre le siège social de notre association dans leur Maison des associations, nous propose aussi de nous prêter des salles.

La commune de Domancy va proposer au bureau  une réunion avec le CCAS et l’équipe municipale.

Le crédit mutuel doit nous donner une subvention.

Discussions diverses:

Un membre du public demande si les démarches ont plus ou moins de chances d’aboutir si elles sont faites par les institutions ou les associations. Une membre lui répond que plus il y a de personnes ou d’institutions qui montrent leur intérêt pour la situation d’une personne, plus les démarches ont des chances d’aboutir.

Un membre de l’assemblée dit qu’il a décidé de devenir membre de l’association suite à un appel de RESF. Il est allé au CADA et il s’occupe maintenant d’un jeune encore mineur qui est au lycée de Cluses. Il l’héberge pendant les week ends et les vacances et quand il aura 18 ans les choses vont changer. Il fait part de son souhait de pouvoir trouver une aide psychologique car il a vécu des choses très difficiles dont il a besoin de parler. Nous allons fournir une adresse pour cette écoute.

Le secours catholique est représenté dans l’assemblée, la représentante nous dit qu’ils font des permanences sur Sallanches et sur les appartements relais au Fayet. Ils font des repas une fois par semaine, une permanence d’accueil pour les dons, pour distribuer des bons d’achats et pour acheter des crédits téléphoniques, voire des bons d’essence et une écoute est possible. Ils ont des locaux sur Sallanches qu’ils sont prêts à partager.

Elle nous dit aussi que certains appartements relais sont vides depuis 5 mois.

Le secours catholique en est le bailleur et la paroisse en est propriétaire.

Une membre de l’association est allée au Festival « REMBALLE TA HAINE» à Chamonix  et elle a vu un film documentaire qui s’appelle PASSEURS D’HUMANITE. La réalisatrice a décidé de faire le parcours des migrants à l’envers. Elle cherche à faire passer son film mais en sa présence. Elle a par ailleurs une expo photos à la médiathèque de Chamonix en ce moment.

Des membres de notre association, qui sont aussi membres de CINECIMES sur Sallanches nous proposent de prévoir une projection dans leur programme

La responsable de Soroptimist a proposé d’exposer au salon « Talents de femmes », les oeuvres de Mahabad, et ils proposent de faire jouer ALI, musicien lors de l’inauguration.

Une page sur notre site va être créée pour tenir à jour les besoins en aides et en matériel.